Voici un roman qui a comblé l’amoureux de Science-Fiction que je suis !
En tournant les pages, j’ai retrouvé le souffle des grands Planet Operas qui ont bercé ma jeunesse, ceux de Jack Vance ou de P.-J. Hérault, avec ce mélange d’aventure et d’exploration.
À la différence de ceux de Vance, qui s’attachait davantage à l’exotisme des peuples et des civilisations qu’à la vraisemblance scientifique, l’univers de Kyklos a été fouillé dans les moindres détails pour être cohérent, tant par sa faune et sa flore que par sa géographie et son climat.
À l’inverse de ceux de PJ Hérault, où le héros cherchait avant tout à bâtir ou à rebâtir une civilisation conforme à son idéal d’homme occidental, ici, ce sont la planète, ses lois naturelles et les formes de vie qui l’habitent qui dictent l’histoire et façonnent « leur vérité ».
En refermant ce livre, j’ai su que j’avais réellement exploré un monde nouveau et non simplement parcouru un décor exotique dans lequel n’importe quelle intrigue aurait pu se dérouler.
L’alchimie entre Jean-Christophe Gapdy, auteur reconnu de science-fiction, et l’astrophysicien Franck Selsis a magnifiquement fonctionné ; l’un apportant le souffle du récit et l’autre la vraisemblance poussée jusqu’au moindre détail climatique.
Mais si on ne voyait dans ce livre, qu’une exploration romanesque d’un nouveau monde, on passerait à côté du plus important. L’aventure cache bien des réflexions et des questions ; chacun étant d’illeurs libre d’inventer les siennes. Pour ma part je me suis interrogé sur la notion de droit à la civilisation et de liberté : lorsqu’une civilisation découvre un monde aussi riche, doit-elle l’étudier, le protéger, l’exploiter ou s’en détourner pour le préserver ? Comme toujours et quoi qu’en pensent ses détracteurs (ceux qui font la grimace dans les allées des salons du livre en voyant les titres de nos livres et leurs couvertures !) la SF permet d’aborder des thèmes qui nous concernent, nous humains du 21e sicle, en changeant le référentiel et en évitant les a priori de notre temps. Ces interrogations éthiques (pardon pour ce grand mot) accompagnent le lecteur sans jamais ralentir le rythme de l’histoire.
Pour les lecteurs qui connaissent déjà Jean-Christophe Gapdy, Kyklos offre un plaisir supplémentaire. Le roman s’inscrit dans le vaste univers de SysSol, construit par l’auteur au fil de nombreux ouvrages, notamment la série des *Gueules des Vers. On y retrouve un univers qui s’enrichit livre après livre, où chaque récit apporte une nouvelle pierre à un ensemble cohérent. Cette ambition de créer une grande fresque, évoque, celle de celui que j’ai toujours considéré comme le plus grand : Issac Asimov ! Rien que ça !
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